Magazine d'information Imagerie et Diagnostic

Examens · Technologies · Prise en charge

E-santé et téléconsultation

Échographie cardiaque : un examen indolore pour observer le cœur et ses valves

Éloïse Bréval-Legendre 6 min de lecture
Échographie cardiaque : sonde d’échographie transthoracique et écran Doppler

Une échographie cardiaque permet d’observer le cœur en mouvement, sans douleur et sans exposition aux rayons X. Souvent prescrite en cas d’essoufflement, de souffle au cœur ou de palpitations, elle sert aussi à surveiller une maladie déjà connue. Le cardiologue évalue ainsi la structure et le fonctionnement du muscle cardiaque. L’examen le plus courant se déroule en consultation et dure généralement entre 20 et 30 minutes.

Ce que l’échographie montre réellement

L’échocardiographie est un examen d’imagerie qui utilise des ultrasons. Une sonde les émet, puis recueille leur écho après leur réflexion sur les tissus. L’appareil transforme ces signaux en images animées. Le spécialiste peut ainsi observer les parois du cœur se contracter, les cavités se remplir et les valves s’ouvrir ou se fermer.

Testez vos connaissances sur l’échographie cardiaque

Les structures examinées

L’examen renseigne notamment sur la taille des cavités cardiaques, l’épaisseur et le mouvement du muscle cardiaque, l’état des valves et l’enveloppe du cœur, appelée péricarde. Il peut mettre en évidence une dilatation, une contraction insuffisante, une anomalie valvulaire ou un épanchement péricardique, c’est-à-dire une accumulation de liquide autour du cœur.

Le rôle de l’écho-Doppler cardiaque

L’échographie est fréquemment associée au Doppler, parfois en couleur. Cette technique étudie la direction et la vitesse du flux sanguin à l’intérieur des cavités et à travers les valves. Elle complète l’image anatomique. Elle aide, par exemple, à apprécier un rétrécissement valvulaire ou une insuffisance valvulaire, lorsque le sang reflue dans le mauvais sens.

Les valves fonctionnent comme des clapets dont l’étanchéité dépend d’un ajustement précis, à la manière d’un joint entre deux pièces mobiles. L’image montre la forme de ces clapets ; le Doppler révèle ce qui se passe au passage du sang. Cette association aide à distinguer une valve légèrement modifiée d’une valve dont le défaut de fermeture a déjà des conséquences sur la circulation.

Dans quelles situations le cardiologue la prescrit

Une échographie du cœur n’est pas réservée aux maladies cardiaques déjà connues. Elle peut être demandée pour rechercher la cause de symptômes, préciser une anomalie entendue à l’auscultation ou surveiller l’évolution d’une pathologie. Elle permet notamment d’examiner la fonction cardiaque et les valves.

Schéma d’une échographie cardiaque transthoracique avec sonde, valves et flux sanguin Doppler
Schéma d’une échographie cardiaque transthoracique avec sonde, valves et flux sanguin Doppler
  • essoufflement inhabituel, fatigue marquée ou baisse de tolérance à l’effort ;
  • douleur thoracique, malaise, palpitations ou trouble du rythme ;
  • gonflement des chevilles pouvant évoquer une insuffisance cardiaque ;
  • souffle cardiaque ou suspicion de valvulopathie ;
  • hypertension artérielle, suivi après infarctus ou angine de poitrine ;
  • suspicion d’endocardite, d’épanchement péricardique ou de malformation congénitale.

Le résultat s’interprète toujours avec les symptômes, l’examen clinique, l’électrocardiogramme et les antécédents. Une image anormale ne permet donc pas, à elle seule, de conclure à une maladie précise. Inversement, une échographie normale n’écarte pas toutes les causes possibles de douleur ou de palpitations. L’examen guide l’évaluation médicale, mais ne remplace pas l’ensemble du bilan.

Le déroulement pratique : à quoi s’attendre le jour J

Dans sa forme habituelle, l’échographie transthoracique ne nécessite généralement pas de préparation particulière. Il est utile d’apporter l’ordonnance, les examens cardiaques antérieurs et la liste de ses traitements. Une tenue facile à retirer par le haut rend l’installation plus confortable.

La sonde est posée sur le thorax

Vous êtes habituellement allongé sur le dos ou légèrement tourné sur le côté gauche. Le praticien applique un gel sur la peau pour éliminer l’air entre la sonde et le thorax, car l’air gêne la transmission des ultrasons. Il déplace ensuite la sonde à plusieurs endroits, parfois en exerçant une pression modérée entre les côtes pour obtenir les meilleures fenêtres d’image.

L’examen est indolore. Le gel peut être frais, et certaines positions ou pressions peuvent être un peu inconfortables sans être douloureuses. On peut vous demander de respirer calmement, de bloquer brièvement votre respiration ou de changer légèrement de position. Ces consignes améliorent la netteté des images et ne signifient pas qu’une anomalie a été trouvée.

En consultation, aux urgences ou à l’hôpital

L’échographie transthoracique peut être réalisée au cabinet de cardiologie, dans un centre d’exploration, aux urgences ou au lit d’une personne hospitalisée. Cette souplesse permet d’évaluer rapidement la fonction cardiaque lorsqu’une situation clinique le justifie. Le compte rendu est ensuite expliqué selon l’organisation du lieu et la situation médicale.

Transthoracique, transœsophagienne ou intracardiaque : quelle différence ?

Le choix de la technique dépend de la question posée et de la qualité des images obtenues. La voie transthoracique est la première intention dans la majorité des cas. Lorsque certaines zones doivent être vues avec davantage de précision, le cardiologue peut proposer une autre voie.

Technique Principe Quand elle est privilégiée
Transthoracique Sonde appliquée sur le thorax Examen habituel du cœur, des cavités, des valves et de la fonction cardiaque
Transœsophagienne Sonde introduite dans l’œsophage Images plus détaillées de certaines structures, notamment si la voie thoracique est insuffisante
Intracardiaque Sonde placée à l’intérieur du cœur dans un contexte spécialisé Situations interventionnelles spécifiques

Pourquoi passer par l’œsophage ?

L’échographie transœsophagienne rapproche la sonde du cœur, l’œsophage étant situé juste derrière lui. Elle peut être proposée lorsqu’il faut examiner finement certaines valves, rechercher une endocardite ou obtenir des images difficiles à recueillir à travers la cage thoracique. L’obésité, des problèmes pulmonaires ou des contraintes anatomiques peuvent parfois limiter la qualité de l’échographie transthoracique.

Cette variante est plus invasive. Sa préparation et ses précautions sont donc précisées par l’équipe médicale. Il faut signaler les antécédents concernant l’œsophage, les difficultés à avaler, les allergies connues et les traitements en cours. Les consignes de jeûne ou d’accompagnement doivent être suivies exactement lorsqu’elles sont données.

Sécurité, résultats et signaux qui doivent faire consulter

Les ultrasons utilisés pour cet examen ne sont pas des rayons X. L’échographie transthoracique est ainsi considérée comme un examen non irradiant et indolore. Elle est couramment utilisée pour le diagnostic et la surveillance d’une insuffisance cardiaque, d’une maladie valvulaire ou d’une autre affection cardiovasculaire.

Si l’examen est prescrit pour des symptômes, n’attendez pas le rendez-vous programmé en cas de douleur thoracique intense ou persistante, d’essoufflement brutal, de malaise avec perte de connaissance ou de palpitations associées à une sensation de malaise important. Une évaluation urgente peut être nécessaire. Pour une question non urgente, le cardiologue peut expliquer l’indication de l’examen, ses résultats et la suite éventuelle de la prise en charge.

Éloïse Bréval-Legendre

Partager cet article

Retour en haut