Magazine d'information Imagerie et Diagnostic

Examens · Technologies · Prise en charge

E-santé et téléconsultation

La neuroradiologie associe diagnostic précis et traitements guidés par l’image

Éloïse Bréval-Legendre 8 min de lecture
Salle de neuroradiologie et imagerie cérébrale IRM

La neuroradiologie explore le cerveau, la moelle épinière, le rachis et les vaisseaux qui les alimentent. Elle aide à repérer une anomalie, à en préciser la nature et, dans certaines situations, à la traiter grâce à des gestes guidés par l’imagerie. Cette spécialité intervient notamment face à un AVC, un anévrisme, une tumeur ou certaines douleurs persistantes du dos.

La neuroradiologie, bien plus qu’une image du cerveau

Le neuroradiologue interprète les examens d’imagerie en les reliant aux symptômes, à l’examen clinique et aux antécédents de la personne. Son champ dépasse donc le cerveau. Il comprend aussi la moelle épinière, les nerfs, les vaisseaux intracrâniens et cervicaux, ainsi que certaines structures de la face et du rachis.

Testez vos connaissances en neuroradiologie

La neuroradiologie diagnostique cherche à visualiser et à caractériser une lésion, en précisant sa localisation, son étendue, son aspect et ses éventuelles conséquences. La neuroradiologie interventionnelle, également appelée thérapeutique, utilise l’imagerie pour guider un traitement ciblé. Celui-ci est souvent réalisé par voie endovasculaire, c’est-à-dire à l’intérieur des vaisseaux, à l’aide d’un cathéter.

Le rôle du neuroradiologue dans la décision médicale

Une image ne s’interprète jamais seule. Une petite anomalie peut être sans rapport avec les symptômes, tandis qu’un examen apparemment discret peut nécessiter une réaction rapide selon le contexte. Le neuroradiologue échange donc avec le neurologue, le neurochirurgien, l’ORL, l’oncologue ou le médecin traitant. Cette concertation aide à choisir l’examen le plus pertinent et à définir la suite de la prise en charge.

La discipline occupe une place particulière dans les urgences neurovasculaires. Face à un visage qui s’affaisse, une faiblesse brutale d’un bras ou d’une jambe, un trouble soudain de la parole ou une perte de vision, il faut contacter immédiatement les secours. L’imagerie permet alors à l’équipe médicale d’identifier le mécanisme en cause et de déterminer si un traitement urgent peut être envisagé.

IRM, scanner, angiographie : choisir l’examen adapté

Les techniques de neuroradiologie ne répondent pas toutes à la même question. Le choix dépend de l’urgence, de la zone à explorer, de l’hypothèse médicale et des contre-indications éventuelles. L’ordonnance et l’équipe soignante précisent les modalités de préparation, notamment lorsqu’un produit de contraste est prévu.

Schéma pédagogique des zones explorées en neuroradiologie : cerveau, moelle épinière, rachis et vaisseaux
Schéma pédagogique des zones explorées en neuroradiologie : cerveau, moelle épinière, rachis et vaisseaux
Examen ou acte Ce qu’il permet d’évaluer Utilisation habituelle
IRM Tissus cérébraux, moelle, nerfs, inflammation et tumeurs Diagnostic détaillé, hors de certaines urgences immédiates
Scanner Hémorragie, os, lésions aiguës et premiers repères vasculaires Situation urgente, traumatisme ou bilan rapide
Angiographie Circulation des vaisseaux cérébraux et cervicaux Étude d’une anomalie vasculaire
Artériographie Artères étudiées avec précision par cathéter Diagnostic ciblé ou préparation d’un traitement

Pourquoi une artériographie peut être demandée

L’artériographie cérébrale consiste à introduire un cathéter dans un vaisseau, sous contrôle radiologique, puis à injecter un produit de contraste pour obtenir une cartographie détaillée de la circulation sanguine. L’examen peut aussi concerner la moelle ou la région maxillo-faciale. Il est envisagé lorsqu’une imagerie non invasive ne suffit pas à répondre à la question médicale ou lorsqu’un geste thérapeutique est prévu.

Le déroulement varie selon la situation. L’acte peut être réalisé sous anesthésie locale, avec une éventuelle sédation, puis une surveillance après le retrait du cathéter. Les précautions liées aux traitements habituels sont précisées par l’équipe. Avant l’examen, il faut signaler une allergie connue, une grossesse possible, une maladie rénale, un traitement anticoagulant ou antiagrégant, ainsi que la présence d’un implant médical.

Des pathologies variées, des urgences aux douleurs du rachis

La neuroradiologie prend en charge de nombreuses situations neurologiques. Dans le domaine vasculaire, elle explore les AVC, les anévrismes cérébraux, les malformations artério-veineuses, les fistules durales et les sténoses intracrâniennes. Elle participe aussi au bilan des tumeurs et à la neuro-oncologie, ainsi qu’à l’exploration des maladies inflammatoires du système nerveux central, des maladies neurodégénératives et de certaines affections métaboliques.

Schéma de la thrombectomie réalisée en neuroradiologie interventionnelle
Schéma de la thrombectomie réalisée en neuroradiologie interventionnelle

Comprendre l’échelle d’urgence plutôt que la gravité supposée

En neuroradiologie, la priorité ne dépend pas seulement de l’intensité ressentie d’un symptôme. Elle repose aussi sur son apparition, son évolution et le risque neurologique associé. Un mal de tête inhabituel accompagné d’une raideur de nuque, un déficit moteur soudain ou une confusion brutale nécessite une évaluation immédiate. À l’inverse, une douleur du rachis présente depuis plusieurs mois suit souvent un parcours programmé.

Cette distinction aide à orienter la personne vers le bon circuit de soins. Elle évite de banaliser un signe d’alerte, sans transformer toute anomalie observée sur une image en urgence. La décision dépend toujours de l’ensemble des données cliniques et radiologiques.

Pour certaines douleurs du rachis, des infiltrations radio-guidées ou scanno-guidées peuvent être proposées lorsque leur indication est retenue par l’équipe médicale. Le guidage permet de viser avec précision la zone concernée. Il ne remplace toutefois ni l’évaluation clinique ni l’analyse des causes de la douleur, des traitements déjà essayés et de ses répercussions au quotidien.

Quand l’imagerie devient un traitement : la neuroradiologie interventionnelle

La neuroradiologie interventionnelle traite certaines lésions en progressant à l’intérieur des vaisseaux avec un cathéter. Sous contrôle radiologique, le praticien peut atteindre une zone précise sans chirurgie ouverte du crâne. Le cathétérisme permet de faire avancer des instruments fins jusqu’à la lésion, puis de réaliser le geste prévu selon son emplacement et sa nature.

Ces actes se déroulent dans une salle spécialisée, organisée de manière proche d’un environnement de bloc opératoire. Une équipe formée à ces procédures assure la préparation, la surveillance et la prise en charge des situations complexes. L’imagerie reste active pendant toute l’intervention pour guider les gestes et contrôler leur résultat.

Thrombectomie, anévrisme et gestes endovasculaires

Lors de certains AVC ischémiques en phase aiguë, la thrombectomie consiste à retirer le caillot qui obstrue une artère cérébrale. Le praticien introduit un cathéter par un vaisseau, le dirige vers l’artère concernée et utilise un dispositif adapté pour extraire le caillot. La décision dépend de plusieurs critères médicaux et radiologiques, dans le cadre d’une filière d’urgence coordonnée.

D’autres traitements endovasculaires peuvent concerner un anévrisme cérébral, une malformation artério-veineuse, une fistule durale ou une sténose intracrânienne. Une fibrinolyse intra-artérielle ou une angioplastie peuvent être discutées dans des indications sélectionnées. Le choix du geste dépend de la lésion, de son accessibilité, de l’état de santé de la personne et des résultats de l’imagerie.

Comme tout acte invasif, ces procédures comportent des risques liés notamment à la ponction, aux vaisseaux, au produit de contraste ou à la maladie elle-même. Le bénéfice attendu, les alternatives, les suites de l’intervention et les modalités de surveillance sont expliqués individuellement par l’équipe qui prend en charge le patient.

Se faire orienter vers un service de neuroradiologie

La plupart des patients arrivent en neuroradiologie sur demande d’un médecin, généraliste, neurologue, neurochirurgien, urgentiste ou autre spécialiste. Une consultation spécialisée peut être proposée lorsqu’un avis est nécessaire avant un acte interventionnel ou pour expliquer une stratégie de traitement. Un examen d’imagerie simple peut, lui, être réalisé dans un service de radiologie disposant de l’équipement adapté.

Pour choisir un centre, vérifiez la présence d’une équipe de neuroradiologie diagnostique et interventionnelle, ses liens avec la neurologie et la neurochirurgie, ainsi que son organisation des urgences. Certains services disposent d’une activité continue, d’une salle d’artériographie biplan et d’outils de télédiagnostic pour transmettre un avis expert à distance.

Apportez l’ordonnance, les examens précédents et leurs comptes rendus, la liste actualisée des traitements et les informations utiles sur vos antécédents. Ces documents facilitent la comparaison des images, l’interprétation du dossier et la préparation d’un éventuel traitement. Le parcours associe ainsi l’expertise technique, les données cliniques et un échange régulier avec les différents professionnels concernés.

Éloïse Bréval-Legendre

Partager cet article

Retour en haut