Varices pelviennes : 3 signes qui orientent vers une congestion veineuse
Les varices pelviennes sont des veines dilatées dans le petit bassin, notamment autour des ovaires et de l’utérus. Elles peuvent rester silencieuses. Lorsqu’elles s’accompagnent de douleurs ou d’une sensation de lourdeur persistante, elles peuvent évoquer un syndrome de congestion pelvienne. Un bilan médical permet de distinguer cette origine veineuse des autres causes fréquentes de douleurs pelviennes.
Quand les veines du bassin ne drainent plus correctement
Comme les varices visibles sur les jambes, les varices pelviennes résultent d’une insuffisance veineuse. Les valves présentes dans certaines veines ne remplissent plus correctement leur fonction. Une partie du sang reflue alors au lieu de remonter efficacement vers le cœur et reste dans le bassin. Cette pression favorise la dilatation progressive des veines ovariennes, utérines et des réseaux veineux voisins.

Le terme syndrome de congestion pelvienne désigne la situation où ces dilatations veineuses s’accompagnent de symptômes. La présence de veines dilatées à l’imagerie ne suffit donc pas à expliquer une douleur. Certaines varices pelviennes restent asymptomatiques et ne nécessitent pas de traitement particulier.
La forme symptomatique concerne volontiers des femmes plutôt jeunes, souvent âgées de moins de 40 ans. Les symptômes sont fréquemment rapportés après une ou plusieurs grossesses, plus souvent après la seconde. Les modifications hormonales, l’augmentation du volume sanguin et la compression des veines abdominales pendant la grossesse peuvent favoriser cette dilatation.
Les 3 signaux qui rendent l’origine veineuse plus probable
Une douleur pelvienne peut avoir de nombreuses causes. Son évolution et les manifestations qui l’accompagnent donnent toutefois au médecin des indications utiles pour rechercher une congestion veineuse pelvienne.
Une douleur sourde qui s’installe dans le temps
Le signe le plus évocateur est une douleur ou une pesanteur dans le bas-ventre. Elle peut être diffuse ou s’étendre vers le bas du dos, l’aine et le haut des cuisses. Elle dure généralement plus de 6 mois et peut persister depuis plusieurs années. La sensation ressemble souvent à un tiraillement, une pression ou un bassin « lourd », plutôt qu’à une douleur aiguë et brutale.
Une aggravation debout, le soir ou autour des règles
La station debout prolongée tend à accentuer les symptômes, car elle augmente la pression dans les veines du bassin. La gêne peut donc s’intensifier en fin de journée et diminuer au repos ou en position allongée. Une aggravation avant les règles, avec des règles douloureuses, appelées dysménorrhées, peut également orienter vers cette cause.
Des douleurs intimes ou des signes dans les zones voisines
Des douleurs pendant ou après les rapports sexuels, aussi appelées dyspareunies, sont possibles. Certaines personnes présentent également des symptômes urinaires, comme des envies fréquentes d’uriner ou une sensation évoquant une pseudo-cystite. Des troubles digestifs ou une gêne rectale peuvent aussi être rapportés. Des varices peuvent enfin apparaître au niveau de la vulve, du périnée ou de la partie haute des cuisses.
Pourquoi les symptômes peuvent aussi se voir sur les jambes
Le bassin forme un carrefour veineux. Lorsqu’un reflux s’y installe, le sang peut emprunter des voies de dérivation vers d’autres réseaux. Ce mécanisme peut contribuer à l’apparition de varices atypiques des jambes, notamment à l’arrière ou à l’intérieur des cuisses, ou expliquer leur récidive après un traitement limité aux membres inférieurs. Selon l’American Hospital of Paris, 10 % des varices des membres inférieurs sont d’origine pelvienne.
Traiter une veine visible sur la jambe sans rechercher un éventuel reflux situé plus haut peut donc laisser la source de pression active. La localisation des varices, leur réapparition et l’association avec une lourdeur pelvienne sont des informations utiles à transmettre au médecin. Elles permettent d’examiner le lien entre le bassin, le périnée et les jambes.
Écarter les autres causes de douleurs pelviennes
Les varices pelviennes sont parfois sous-diagnostiquées, car leurs symptômes ne leur sont pas spécifiques. Une douleur pelvienne chronique peut aussi être liée à une endométriose, une adénomyose, un fibrome, une infection ou un trouble urinaire, digestif ou musculo-squelettique. Plusieurs causes peuvent coexister chez une même personne.
| Élément observé | Ce qu’il peut suggérer | Étape utile |
|---|---|---|
| Pesanteur accrue le soir et debout | Congestion ou insuffisance veineuse pelvienne | Évaluation clinique et écho-Doppler |
| Douleur cyclique très marquée | Cause gynécologique possible, dont endométriose ou adénomyose | Consultation gynécologique et imagerie adaptée |
| Varices vulvaires, périnéales ou récidivantes aux jambes | Connexion veineuse pelvienne possible | Bilan vasculaire spécialisé |
| Brûlures urinaires, transit modifié ou douleur rectale | Atteinte urinaire, digestive ou symptômes associés | Recherche ciblée selon les signes |
L’objectif n’est pas de s’auto-diagnostiquer à partir d’une liste de symptômes. Il est préférable de décrire précisément leur ancienneté, leur localisation et leurs facteurs d’aggravation. Un calendrier indiquant le lien avec le cycle, les journées passées debout, les rapports et la position allongée peut rendre le récit clinique plus précis.
Du premier bilan aux solutions de prise en charge
Le parcours commence souvent auprès d’un médecin traitant, d’un gynécologue ou d’une sage-femme. Selon les symptômes, un avis de médecin vasculaire ou de radiologue interventionnel peut ensuite être nécessaire. L’interrogatoire et l’examen clinique recherchent notamment des varices vulvaires, périnéales ou présentes sur les membres inférieurs.
Les examens qui confirment ou nuancent la suspicion
L’échographie pelvienne et périnéale avec échographie Doppler étudie le calibre des veines et le sens de circulation du sang. Selon la situation, une IRM pelvienne peut compléter le bilan, notamment pour rechercher d’autres causes gynécologiques de douleur. La phlébographie pelvienne est un examen plus spécialisé. Elle peut être proposée lorsque l’analyse du réseau veineux doit être approfondie ou lorsqu’un geste thérapeutique est envisagé.
Une prise en charge adaptée à la gêne réelle
Une découverte fortuite sans symptôme ne conduit pas nécessairement à une intervention. Lorsque les douleurs affectent le quotidien, la vie sexuelle ou le travail, une prise en charge ciblée peut être discutée après le bilan. Elle peut inclure le traitement des autres causes identifiées, des mesures destinées à limiter les facteurs aggravants et, dans certains cas, une procédure endovasculaire comme l’embolisation des veines malades. Si un rétrécissement veineux participe au problème, sa dilatation peut aussi être envisagée par une équipe spécialisée.
Une douleur pelvienne nouvelle et intense, des saignements inhabituels, de la fièvre, un malaise ou une douleur accompagnée d’un gonflement d’une jambe doivent conduire à consulter rapidement. Ces signes ne doivent pas être attribués d’emblée aux varices pelviennes et nécessitent une évaluation médicale.
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